dimanche 24 juin 2012

Rio+20 : ni décision, ni objectif


Les 193 pays de l'Onu étaient rassemblés à Rio, au Brésil, pour faire le point sur 20 ans de promesses pour éradiquer la pauvreté tout en respectant l'environnement. De peur de faire le constat d'un échec, la centaine de chefs d'État n'a pas fait de bilan.

Les associations écologistes ou de lutte contre la pauvreté ne sont même pas déçues, elles n'attendaient rien ou presque du sommet "Rio+20". Finalement, 20 ans après le premier sommet de Rio et ses 2.500 recommandations pour le XXIe siècle, les chefs d'État venus au Brésil discuter de pauvreté et d'environnement accouchent d'un texte "très en deçà des attentes", expliquent les associations.

Ban Ki-Moon lançait "le défi faim zéro" cette semaine pour faire reculer la faim dans le monde, là encore les associations ironisent : "On ne peut pas avoir zéro faim avec zéro argent."

Le texte, très consensuel et "ronronnant" explique les militants, risque de ne pas faire changer les choses. En période de crise, il va être compliqué de mobiliser les États pour lever des fonds pour alimenter l'aide publique au développement.

La déclaration intitulée "Le futur que nous voulons" ne changera rien immédiatement, elle consacre l'économie verte, parle de statut de la haute-mer et donne rendez-vous à plus tard pour fixer de vrais objectifs de développement durable.

Parmi ces promesses, qui sont surtout des déclarations d'intention, il n'y a rien sur l'arrêt des subventions aux énergies fossiles ou sur une éventuelle taxe financière. Le Brésil voulait parvenir à un accord, il a réussi mais à minima.

Les passages qui suscitaient des oppositions ont purement et simplement été retirés. Néanmoins, les militants les plus optimistes rappellent que c'est dans ces réunions de l'Onu que les gaz responsables des trous dans la couche d'ozone (CFC, chlore, bromure, halons) avaient été interdits progressivement lors de la signature du protocole de Montréal en 1987.